J’ai couru mon premier marathon

2019-11-13 Running Marathon Marathonien Runin lyon

Voilà, j’ai couru mon premier marathon. C’était il y a un mois maintenant et je prends un peu de temps pour revenir sur cette course. Tout d’abord, j’ai fait un très bon temps pour moi : 4 h 14, je ne savais honnêtement pas comment j’allais finir ; je savais que j’allais aller au bout, c’est tout ce que je savais. Comme souvent cette course est associée avec ma fille Leina avec qui je me suis mis à courir il y a quelques années. Ce matin là, on arrive, Leina, pour qui c'est son premier semi-marathon, et moi aux sas de départ. On prend le temps d’une petite photo et de se souhaiter bonne course et nous voilà prêt chacun dans notre sas. Je pars le premier. Je connais bien la première partie du parcours, tout va très bien. Je me sens bien, pas besoin de ravitaillement et j’ai trouvé un petit groupe avec qui courir histoire d’avoir le bon rythme. Le tunnel de la Croix-Rousse arrive et comme l’an dernier, c’est compliqué : il fait chaud, humide et l’oxygène manque. La délivrance arrive, juste après la sortie une petite grimpée sur le pont me rappelle que la course est loin d'être finie, mais le Parc de Tête d’Or est là. Je suis rattrapé par le pacer qui me donne la bonne cadence et me force à m’arrêter un peu au ravito, ils sont importants et il faut que je les respecte. En 30s tout en marchant un peu, je bois et mange banane et pâte de fruit puis je repars. Je vais respecter ce rythme à chaque ravitaillement. À partir de la sortie du parc, je suis un marathonien, j’ai dépassé les 21 km et j’ai juste à continuer à courir, tout devient mécanique, plus besoin de réfléchir. Je reste auprès de Bruno avec qui je parle un peu et je continue. J’ai un peu peur de ce qui suit : la fameuse barrière des 30 km. La pancarte arrive, je viens de passer le mur du marathon, le physique suit, une petite douleur au mollet qui s’en va immédiatement.J’arrive enfin à Gerland. Je connais bien le parc, mais là, c’est le coup de bambou, le moral en prend un coup, j’en ai assez. Cela fait environ 5 ou 6 km que je coure tout seul depuis le ravito de Guillotière et je commence à rattraper les échoués du sas 4 H. Le décor autour de moi n'aide vraiment pas, tout est horrible : bitume, des camions à l’arrêt et le port Edouard Herriot avec ses containers bref, rien n’est chouette, rien pour penser à autre chose qu'à la fatigue qui est bien là. Je prends cher, mais je continue, je me fais rejoindre par Bruno le pacer, je ne le quitterai plus. Après le Stade de Gerland, ça sera plus facile, je sais que je vais finir, c’est dur, mais je sais que je vais finir d'autant que je retrouve un parcours qui m'est famillié. Il n'y a plus qu'à laissé échapper mon esprit pour que le mental prenne le dessus et me permettre de finir. Bizarrement, je me sens plus léger, je pourrais courir encore longtemps.Je remonte la foule, j'essaye de reconnaître quelqu'un et je franchis enfin la ligne d’arrivée. Une fois la joie d’y être arrivé un tout petit peu redescendu, et juste avant de retrouver mes filles qui ont fait le déplacement, l’émotion me gagne, les larmes montent un peu : j’ai couru un marathon, j’y suis arrivé. L’entraînement a payé, je suis tellement heureux. Et Leina a pour sa part fini son semi largement en dessous du temps qu'elle envisageait.

Ce fût une belle journée pour nous deux.